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mercoledì 14 ottobre 2015

Sophia Aram: "Le blasphème c'est sacré"


Le Billet de Sophia Aram : "Le blasphème c’est... di franceinter

Le billet d'humeur de Sophia Aram (8h55 - 12 Janvier 2015) 

Voir aussi son interview sur http://www.telerama.fr/sortir/charlie-hebdo-reseaux-sociaux-religions-sophia-aram-s-engage-a-rire-de-tout,132776.php


Voici un extrait de l'article de Télérama:

Elle se revendique de gauche et défend la laïcité... Plus qu'une humoriste engagée, Sophia Aram est une inlassable sentinelle de la liberté d'expression.


La laïcité


« J'y suis très attachée. A titre personnel, le combat pour la laïcité tient de l'engagement politique. Cela va au-delà du fait d'être athée. Si j'étais croyante, je me battrais autant pour la laïcité car c'est ce qui permet de vivre ensemble et de se respecter. Aujourd'hui plus que jamais, elle garantit à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire. »

Le droit au blasphème

« Je pars du principe qu'on peut blesser beaucoup de gens sur de nombreux sujets, mais si on commence à se mettre des interdits, on finit par ne plus pouvoir rien dire. Si vous êtes croyant, quand quelqu'un fait une blague sur la religion, c'est son problème à lui, pas le vôtre. Ce n'est pas grave. Je parie toujours sur l'intelligence des gens, estimant que la majorité d'entre eux est capable de faire la part des choses. Les quatre ou cinq qui aboient tout le temps ne doivent pas l'emporter sur la liberté collective. Même si j'avais été croyante, les caricatures du prophète ne m'auraient pas choquée. D'ailleurs, les croyants que j'interroge me disent : “Ce n'est qu'un dessin ; ma foi est au-dessus de ça.” »

Les religions

« Si je revendique autant mon athéisme, c'est parce que le fait religieux est omniprésent. Partout, tout le temps. Quand les religions prônent le "vivre ensemble", bien sûr, je suis pour. Seulement, aujourd'hui, elles servent plutôt à diviser. Après une représentation de Crise de foi, j'ai eu une discussion avec de jeunes spectateurs pour lesquels il était compliqué d'entendre qu'on pouvait être de culture musulmane et athée. L'une d'entre eux m'a dit : “Peut-être que vous vous trompez, peut-être que Dieu existe.” Effectivement, c'est possible, je prends le risque. Toutefois, si je me retrouve face à lui, le jour du jugement dernier, je lui démontrerai que j'ai ma place au paradis : je vis avec le même homme depuis vingt ans, je suis une bonne mère de famille, je ne maltraite personne, je n'ai pas d'addiction, je n'ai jamais volé. Franchement, si je ne vais pas au ciel, il n'y a pas beaucoup de gens qui iront [rires]. Mais je n'ai pas besoin d'un livre ou d'une croyance pour guider ma conduite. »

Charlie Hebdo

« On peut ne pas aimer tous les dessins de tous les dessinateurs de Charlie Hebdo ; ce n'est pas grave. Eux, ils sont là, ils font leur job. Ce sont des poils à gratter ; ils sont dans leur rôle. Seulement, depuis les événements tragiques du 7 janvier, ils sont devenus des symboles. On les observe en permanence. Mais il ne faut pas oublier queCharlie Hebdo n'a jamais été un journal fédérateur et n'a jamais cherché à l'être. Pour moi, « Etre Charlie » signifie défendre quelque chose de très précieux : la liberté d'expression. Je crois que c'est cela que nous sommes descendus dire dans la rue le 11 janvier. Peut-être s'en voulait-on aussi de ne pas l'avoir fait plus tôt. Au-delà de Charlie, il ne faut pas oublier les autres victimes, notamment, la jeune policière à Montrouge et les clients de l'Hyper Cacher de Vincennes. « Etre Charlie » veut dire aussi être contre l'obscurantisme. Que reste-t-il aujourd'hui de l'esprit Charlie ? C'est un peu tôt pour le savoir. Il faut juste espérer qu'à l'avenir on défendra davantage la liberté d'expression et la liberté de la presse. Qu'on sera plus vigilant. Mais je n'en suis pas sûre. »

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