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mercoledì 16 dicembre 2015

L'humour A Mort - Bande Annonce Documentaire sur Charlie Hebdo 2016

Affiche du film documentaire





Ce mercredi 16 décembre, sort un film événement, L'Humour à mort, réalisé par Daniel Leconte. Charb, Cabu ou Tignous devant la caméra ou racontés par leurs amis: le documentaire rend hommage, en les faisant revivre, aux dessinateurs de Charlie Hebdo assassinés en ce funeste 7 janvier 2015.
"On a le droit de ne pas trouver drôle ou de trouver énervant un dessin, un propos, une parole. Mais on peut répondre par un dessin, un propos, une parole. On n'est pas obligé de déclarer la guerre et d'éliminer physiquement son détracteur", lance Charb, le regard face caméra.
"En cas de pépin, je sais que des gens sont capables de se mobiliser pour la liberté d'expression", dit-il encore. Ces propos, qui trouvent toute leur résonance aujourd'hui, ont été prononcés il y a huit ans par l'ex-directeur de Charlie Hebdo. Le documentariste Daniel Leconte avait longuement filmé les dessinateurs en 2007 pour son documentaire "C'est dur d'être aimé par des cons", sorti lors du procès intenté à Charlie Hebdo pour avoir reproduit les caricatures de Mahomet.
Il a décidé de leur consacrer un nouveau film, avec son fils Emmanuel, mêlant des images de l'époque et d'autres tournées cette année. 
"J'avais envie de faire un film hommage. C'était très important de montrer la perte", a expliqué Daniel Leconte à l'AFP, car ces dessinateurs selon lui, "c'est un patrimoine". Le souhait du réalisateur était, "rétrospectivement, pour ceux qui n'avaient pas eu l'occasion de les aimer pour ce qu'ils faisaient, d'avoir l'opportunité de les apprécier en les retrouvant dans un film".
En tentant d'expliquer les raisons de la tragédie, le film opère un va-et-vient entre ces événements et ceux qui les ont précédés depuis 2006. "Je ne voulais pas commencer par le drame, mais par la résistance le 11 janvier, et traiter tout le reste en miroir", explique Daniel Leconte.
Avec les témoignages des dessinateurs Coco et Riss, du directeur financier du journal Eric Portheault, de l'avocat Richard Malka, du journaliste Antonio Fischetti ou encore du rédacteur en chef Gérard Biard, le film revient ensuite sur les événements tragiques du 7 janvier.
Le récit prend une force particulière avec les mots des rescapés comme la dessinatrice Coco, le visage ravagé par les larmes. Cette dernière explique, effondrée, comment elle s'est retrouvée devant les frères Kouachi. Une kalashnikov pointée sur son dos, elle n'a eu d'autre choix que de composer le code qui ouvrait les portes de la rédaction. Un témoignage déchirant qui donne aussi au documentaire encore plus de force. "Je défie quiconque de réagir autrement à sa place", explique d'ailleurs Eric Portheault, co-gérant du journal satirique.
Le documentaire revient aussi sur la fabrication du numéro post-attentats et les événements qui ont suivi, avec une remise en perspective par les mots des philosophes Elisabeth Badinter ou Soufiane Zitouni. Impossible donc de faire l'impasse pour le documentariste sur l'esprit anti-Charlie qui a rapidement gagné certains commentateurs expliquant qu'au fond, les dessinateurs pacifistes, "l'avaient bien cherché".
Les protagonistes reviennent d'ailleurs sur un article paru dans L'Obs, un billet d'un ancien du journal, Delfeil de Ton, publié quelques jours après les attentats. Dans cette tribune, ce dernier accuse Charb d'avoir emmené sa rédaction à la mort. Une lecture des événements qui a donné à Riss l'envie de "vomir" et qui illustre la violence des critiques qui ont été émises à l'encontre de l'équipe au lendemain des attentats.
"Charlie s'est retrouvé seul ou presque à défendre la laïcité contre ses assaillants les plus dangereux, les tueurs islamistes. Résultat, le 7 janvier, 10 d'entre eux ont "crevé" ainsi que 4 juifs et 3 policiers. Et pourtant... Après une génuflexion hâtive très vite, les idiots utiles de tous poils ont remis le museau dehors pour re-salir Charlie et effacer de nos mémoires le sursaut admirable du 11 janvier. Du pain béni pour le Front National qui n'a eu qu'à se baisser pour ramasser les restes de Marianne, s'approprier le butin et s'en porter garant", a déploré dans nos colonnes le réalisateur.
"Alors rendons à Charlie l'hommage qu'ils méritent, sans chichis et sans "oui mais"... pour avoir essayé de nous ouvrir les yeux". Essayer de nous ouvrir les yeux, c'est exactement la mission de ce documentaire. Et dans le contexte actuel, cela paraît plus que nécessaire.

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